Cours de Première STI2D sur les probabilités conditionnelles : conditionnement, arbre pondéré, formule des probabilités totales et indépendance. Contextes industriels et exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Première STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
En STI2D, on a sans arrêt besoin de réévaluer une probabilité quand une information arrive : quel est le taux de défaut sachant qu’une pièce sort de l’atelier 1 ? Un capteur tombe-t-il plus souvent en panne quand il y a une surtension ? Les probabilités conditionnelles répondent exactement à ce type de question, et l’arbre pondéré en est la traduction visuelle, idéale pour les contrôles qualité et les diagnostics de défaillance.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
calculer une probabilité conditionnellePA(B) et l’interpréter ;
construire et lire un arbre pondéré (multiplier le long d’une branche) ;
appliquer la formule des probabilités totales pour un taux global ;
tester l’indépendance de deux événements.
À quoi ça sert ?
Imagine une chaîne de production de capteurs. On te dit que 3% des pièces sont défectueuses. Mais ce chiffre global cache deux ateliers très différents : l’un très fiable, l’autre moins. Les probabilités conditionnelles te permettent de séparer les cas (PA(B) = « défectueux sachant atelier 1 ») puis de recombiner le tout pour piloter la qualité. C’est aussi le cœur des tests de défaillance : quand un appareil signale un composant « défectueux », quelle est la probabilité qu’il le soit vraiment ? Tu vas voir que la réponse est souvent surprenante.
Probabilité conditionnelle
Soit A et B deux événements, avec P(A)=0. La probabilité de B sachant A est :
PA(B)=P(A)P(A∩B)
Elle mesure la probabilité que B se réalise lorsqu’on sait déjà que A est réalisé.
Probabilité d'une intersection
En multipliant par P(A) la définition précédente, on obtient une formule très utilisée :
P(A∩B)=P(A)×PA(B)
C’est exactement ce qu’on calcule en multipliant le long d’une branche d’un arbre pondéré.
Règles de l'arbre pondéré
Sur un arbre pondéré :
on multiplie les probabilités rencontrées le long d’une même branche pour obtenir la probabilité du chemin ;
la somme des probabilités des branches issues d’un même nœud est égale à 1.
Ainsi, sachant A, on a toujours PA(B)+PA(B)=1.
Un arbre de contrôle qualité
Une usine possède deux ateliers. Une pièce vient de l’atelier 1 (événement A1) avec P(A1)=0,6, sinon de l’atelier 2 (événement A2) avec P(A2)=0,4. Sachant qu’elle vient de l’atelier 1, elle est défectueuse (événement D) avec PA1(D)=0,02 ; sachant qu’elle vient de l’atelier 2, PA2(D)=0,05.
Le chemin « atelier 1 puis défectueuse » a pour probabilité, en multipliant le long de la branche :
P(A1∩D)=P(A1)×PA1(D)=0,6×0,02=0,012.
Formule des probabilités totales
Comme A et A partagent l’univers en deux, tout événement B se décompose selon ces deux cas :
P(B)=P(A∩B)+P(A∩B)
soit, en développant chaque intersection :
P(B)=P(A)PA(B)+P(A)PA(B)
Sur l’arbre, cela revient à additionner tous les chemins qui aboutissent à B.
Calculer un taux global avec les probabilités totales
On cherche la probabilité d’un événement D (par exemple « pièce défectueuse ») qui peut survenir dans plusieurs cas.
Construire l’arbre : premier niveau pour la cause (A et A), second niveau pour D et D.
Repérer tous les chemins qui mènent à D.
Pour chaque chemin, multiplier les probabilités de la branche.
Additionner les probabilités de ces chemins.
Exemple (suite de l’arbre ci-dessus) : P(D)=0,6×0,02+0,4×0,05=0,012+0,020=0,032, soit un taux de défaut global de 3,2%.
Événements indépendants
Deux événements A et B sont indépendants lorsque :
P(A∩B)=P(A)×P(B)
Cela signifie que la réalisation de Ane modifie pas la probabilité de B : lorsque P(A)=0, on a alors PA(B)=P(B).
Tester l'indépendance de deux événements
Calculer le produit P(A)×P(B).
Déterminer P(A∩B) (donné, lu sur un tableau ou un arbre).
Comparer les deux résultats : s’ils sont égaux, A et B sont indépendants ; sinon, ils ne le sont pas.
Le piège : confondre indépendant et incompatible
FAUX : « Une surtension et la panne du capteur ne peuvent pas arriver en même temps, donc ils sont indépendants. »
VRAI : ne jamais confondre indépendant et incompatible.
Deux événements sont incompatibles quand A∩B=∅ : ils ne peuvent pas se produire ensemble.
Deux événements sont indépendants quand P(A∩B)=P(A)×P(B) : l’un n’influence pas l’autre.
Au contraire, deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants : si A est réalisé, alors B est impossible, donc savoir que A se produit change radicalement la probabilité de B.
Le piège : confondre les deux sens du conditionnement
FAUX : écrire PA(B)=PB(A).
VRAI : en général PA(B)=PB(A), car on ne divise pas par la même chose :
PA(B)=P(A)P(A∩B)tandis quePB(A)=P(B)P(A∩B).
Dans un test de défaillance, « défectueux sachant que l’appareil l’a signalé » n’est pas du tout la même chose que « signalé sachant qu’il est défectueux ». Confondre les deux est l’erreur classique du diagnostic.
Le réflexe arbre
Devant un énoncé à deux étapes (cause puis résultat, contrôle puis verdict), dessine toujours l’arbre avant de calculer :
le long d’une branche, on multiplie ;
plusieurs chemins vers le même résultat, on additionne ;
les branches d’un même nœud font somme 1, ce qui permet de retrouver une probabilité manquante par soustraction.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
La probabilité de B sachant A se note P indice A de B. Elle est égale à la probabilité de A inter B divisée par la probabilité de A, à condition que la probabilité de A ne soit pas nulle. Elle donne la probabilité de B quand on sait déjà que A est réalisé, par exemple la probabilité qu'une pièce soit défectueuse sachant qu'elle sort de l'atelier 1.
Comment utiliser un arbre pondéré en contrôle qualité ?
Sur un arbre pondéré, on multiplie les probabilités le long d'une même branche pour obtenir la probabilité d'un chemin, par exemple sortir de l'atelier 1 puis être défectueux. La somme des probabilités des branches qui partent d'un même nœud vaut toujours 1. Pour obtenir la probabilité d'un résultat, on additionne tous les chemins qui y mènent.
Quand deux événements sont-ils indépendants ?
Deux événements A et B sont indépendants lorsque la probabilité de A inter B est égale à la probabilité de A multipliée par la probabilité de B. Cela signifie que savoir que A est réalisé ne change pas la probabilité de B. Par exemple, une surtension et la panne d'un capteur sont indépendantes si la surtension n'augmente pas le risque de panne.