Cours de Terminale sur la concentration et la loi des grands nombres : inégalité de Bienaymé-Tchebychev, échantillon, moyenne M indice n, inégalité de concentration, exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Terminale générale - spécialité mathématiques · Mis à jour en juin 2026
Lorsqu’on répète une expérience aléatoire un grand nombre de fois, la moyenne des résultats semble se stabiliser : c’est l’intuition derrière le fait qu’une pièce équilibrée donne « environ » la moitié de piles. Ce chapitre rend cette idée rigoureuse grâce à l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis à la loi des grands nombres.
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Soit X une variable aléatoire d’espérance μ=E(X) et de variance V=V(X). Pour tout réel a>0 :
P(∣X−μ∣≥a)≤a2V
Cette inégalité majore la probabilité que X s’écarte de son espérance de plus de a, à partir de la seule variance - sans connaître la loi de X. Plus la variance est petite, plus X est concentrée autour de μ.
Échantillon de taille n et moyenne
Un échantillon de taille n est une suite X1,X2,…,Xn de variables aléatoires indépendantes et de même loi (mêmes espérance μ et variance V). On lui associe la moyenne :
Mn=nX1+X2+⋯+Xn
Mn est elle-même une variable aléatoire : elle modélise la moyenne observée sur n répétitions de l’expérience.
Espérance et variance de la moyenne
Pour la moyenne Mn d’un échantillon de taille n :
E(Mn)=μetV(Mn)=nV
L’espérance de Mn reste μ, mais sa variance est divisée par n : la moyenne est donc bien moins dispersée qu’une observation isolée. L’écart-type, lui, est divisé par n.
Inégalité de concentration
En appliquant Bienaymé-Tchebychev à Mn (d’espérance μ et de variance nV), on obtient, pour tout réel a>0 :
P(∣Mn−μ∣≥a)≤na2V
À écart a fixé, le membre de droite tend vers 0 quand n augmente : la moyenne Mn a une probabilité de plus en plus faible de s’éloigner de μ.
Loi des grands nombres
Soit (Xn) une suite de variables indépendantes et de même loi, d’espérance μ, et Mn la moyenne des n premières. Pour tout réel a>0 :
limn→+∞P(∣Mn−μ∣≥a)=0
Autrement dit, quand n devient grand, Mn se concentre autour de μ. C’est ce qui justifie d’estimer une espérance par une moyenne observée : plus on répète l’expérience, plus la moyenne est proche de μ.
Majorer une probabilité d'écart
Identifier μ, la variance V (et la taille n s’il s’agit d’un échantillon).
Repérer l’écart a>0 : la probabilité à majorer doit être de la forme P(∣X−μ∣≥a) ou P(∣Mn−μ∣≥a).
Appliquer la bonne inégalité : a2V pour une variable, na2V pour une moyenne.
Calculer la fraction et conclure : c’est une borne supérieure, la vraie probabilité est inférieure ou égale.
Les pièges classiques
L’inégalité donne une majoration, pas la valeur exacte : on écrit ≤, jamais =. La probabilité réelle est souvent bien plus petite.
Si la borne trouvée dépasse 1, elle est inutile (toute probabilité est ≤1) : ce n’est pas une erreur de calcul, juste une majoration trop grossière.
Pour un échantillon, ne pas oublier de diviser la variance par n : on utilise na2V, et pasa2V.
L’inégalité s’applique à un écart ∣X−μ∣≥a centré sur μ : penser à reformuler l’énoncé sous cette forme avant de l’utiliser.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Pour une variable aléatoire X d'espérance μ et de variance V, et pour tout réel a > 0, on a P(|X − μ| ≥ a) ≤ V divisé par a au carré. Elle majore la probabilité que X s'écarte de son espérance de plus de a, à partir de la seule variance, sans connaître la loi de X.
Que valent l'espérance et la variance de la moyenne d'un échantillon ?
Pour un échantillon de taille n de moyenne M indice n = (X indice 1 + … + X indice n) divisé par n, on a E(M indice n) = μ et V(M indice n) = V divisé par n. L'espérance reste celle d'une observation, mais la variance est divisée par n : la moyenne est donc bien moins dispersée qu'une seule valeur.
Qu'affirme la loi des grands nombres ?
Quand la taille n de l'échantillon devient grande, la moyenne M indice n se concentre autour de l'espérance μ : la probabilité que M indice n s'écarte de μ de plus d'un seuil fixé a > 0 tend vers 0. C'est ce qui justifie d'estimer une espérance par une moyenne observée.